La fiancée juive : de la tentation

«L'amour n'est pas la paix. Il est l'agneau nu
sur la Table qui attire les mouches.
A quoi reconnaît-on l'amour qui persiste et
recommence ? Aux mouches qui ne cessent de
muter et de se multiplier, aux ailes de l'angoisse
qui s'allongent se remplument et s'empennent,
à l'épouvante, à la violence des intempéries à
l'intérieur, aux descentes de la police d'autant
plus inquiétantes qu'elle est toujours cachée.
Plus le temps passe, plus nous sommes rassurés
plus nous sommes terrifiés. Il faut croire que
la foi suscite en s'élevant le zèle de l'incrédulité.
Prenez Augustin, prenez le petit François,
prenez Job, prenez Dieu : des combats, des
coups bas du premier jour jusqu'au dernier, une
vie de fous. Prenez l'amour promis pour cinquante-cinq
années si ce n'est pas l'orage alors
c'est la croisade.»
H.C.