Scandale et suicide politiques : destins croisés de Pierre Bérégovoy et Robert Boulin

À l'origine de cet ouvrage : une thèse de sciences politiques soutenue en
1997 à la Sorbonne après sept années de recherche et publiée en 1999.
Fruit d'une analyse exigeante, qui fourmille d'exemples et abonde en
rappels et anecdotes historiques, cette thèse a été saluée par la mention
très honorable et fut également sélectionnée pour concourir lors de la
finale du 1<sup>er</sup> Prix de la recherche universitaire créé par Le Monde. Le défi
que s'est lancé l'auteur était double.
Primo : ce phénomène irrationnel qu'est, apparemment, le scandale
politique, peut-il faire l'objet d'une théorie cohérente ? La réponse est oui.
Ainsi, pour la première fois, une analyse opérante permet de comprendre
comment des affaires aussi diverses que l'affaire des Templiers, l'affaire
Dreyfus, l'affaire Profumo, l'affaire des Diamants, ou l'affaire
Greenpeace..., ont permis aux politiques d'affermir leur pouvoir.
Secundo : peut-on expliquer pourquoi, étrangement, le suicide dit
«politique» surgit, avec violence, pour faire du scandale un drame
véritable ? Là aussi, la réponse est oui. Un ministre en exercice et un
ancien Premier ministre de la V<sup>e</sup> République ont mis fin à leurs jours -
selon la version officielle - parce qu'ils ne supportaient plus qu'un
scandale entache leur honneur et détruise l'oeuvre d'une vie vouée à la
chose publique. Ainsi Robert Boulin, le 30 octobre 1979, et Pierre
Bérégovoy, le 1<sup>er</sup> mai 1993 entrent-ils dans l'histoire des disparitions qui
ne cessent de nous questionner. Avec cette lancinante interrogation : et si
le suicide politique lors d'un scandale n'était qu'une euphémisation du
meurtre politique ?