La valse des âmes

" Je cherchai en moi des forces
vives qui refusaient de céder. Des
forces décidées à tuer l'ignoble qui
gagnait furieusement du terrain. Il
fallait réagir vite. C'était une question
de survie. Je pris violemment Apolline
par le bras, l'emmenai hors de la
chambre, lui mis la main sur la bouche
alors qu'elle tentait de crier. Dehors, il
faisait doux. Mais qu'en savais-je ? Je
n'avais qu'une idée en tête, une idée
folle et inconsciente. Apolline
n'essayait plus de se débattre. D'un
même élan, nous sortîmes dans la cour,
traversâmes la route, nous
engageâmes dans le bois. La lune nous
donnait juste ce qu'il fallait de sa
lumière. Je cherchai l'endroit comme
un animal nocturne, laissant derrière
moi des bruits effrayants. J'ouvris
bientôt le cabanon. Le grincement de
la clef dans la serrure marqua cette
nuit d'un sceau solennel. Dans ce
minuscule abri, j'étais bien décidé à
sauver notre amour. "