La mémoire neuve. Pour mémoire

«Nous formions une meute qui dévorait tout et dormions
sur la plage, les uns abrités par les corps des autres, au chaud
entre les jambes et les bras de nos frères. On s'endormait
souvent entre la mer et les dunes. [...] Les curieux qui
s'approchaient, on les bouffait tout cru. Une tribu est une ville
à elle seule et nous en gardions l'entrée même en plein sommeil.»
Chaque été, ils se retrouvent dans la maison familiale : ils rêvent
de liberté, s'installent au bord de l'eau, séparés du reste du monde
par une frontière invisible. Cette bande de jeunes garçons
est un clan. Gare à celui qui trahit.
Pour devenir adulte, Julien doit retourner sur la scène du crime
qu'est la fin de toute adolescence. Histoire d'en avoir le coeur net.
Même s'il sait que ce qui reste de l'enfance se dérobe au moment
où on veut le saisir.
Avec ce premier roman, Jérôme Lambert impose d'emblée une
voix dont la retenue n'exclut pas une certaine cruauté. Et démontre
une fois de plus qu'on écrit avec ce qu'on a oublié.