De hautes tensions : poème à deux voix et cinq séquences

Pour dilater la création d'un texte poétique tel ce
«poème scénarique», le temps le trouve. Ainsi l'alliance
du réel et de l'imaginaire amplifie les résonances des
perceptions, des ressentis, éclaire ces «voix multiples»
d'une «forte modernité» comme l'écrit à l'auteure en 2006
Georges-Emmanuel Clancier, et l'invite à poursuivre, Yves
Bonnefoy.
Voix de l'humain et de la nature face à l'économie, ce
«visage inhabituel à la poésie» où «les perceptions ont
l'air d'être réfractées dans le prisme de l'air dans lesquelles
elles sont emprisonnées», selon les mots de Jean
L'Anselme, elles s'élèvent «grâce à une écriture burinée».
Des lieux symboliques d'espaces, grandes tours, nature
méditerranéenne, déserts, bureaucratie, y sont évoqués avec
l'intensité des enjeux implicites qui les sous-tendent.
L'humain est là. «... tension, ...souffle, ...rythme de
distances, quelque chose de profondément théâtral» habite
ces cinq séquences que découvre la même année Béatrice
Bonhomme.
En leur apparente simplicité les questions que pose ce
«poème scénarique» ébauchent celles du devenir humain
sur la planète. Tandis que se tisse tout au long du poème la
trame d'un chant d'amour de la vie à laquelle pourraient se
mêler les subtiles sonorités des «Sequenze» du compositeur
italien Luciano Bério.
Thérèse Dufresne