Louis Comte, paysan photographe

La Grande Guerre dure et
s'installe. Les jeunes de
Cavaillon et des Vignères
sont partis comme les
autres défendre «le sol de la
patrie». Le courrier est lent,
les jours, les semaines, les
mois passent, les enfants
grandissent. Le travail agricole
continue à se faire
vaille que vaille. Les femmes
se sont attelées à la tâche.
Et un besoin nouveau apparaît
auquel Louis Comte, paysan
photographe, va faire
face. Pour soutenir le moral
du paysan-soldat exilé loin
de sa famille, on lui envoie
des lettres auxquelles on
joint parfois une photo.
Photos des lieux et des activités
de son monde, d'un
monde qui doit le rassurer.
Et des portraits surtout.
Des portraits qu'il va regarder
quand il souffrira trop,
quand il n'en pourra plus,
quand la peur s'emparera de
lui, quand l'espoir s'éloignera.
Des portraits qui monteront
à l'assaut avec lui,
bien au froid sous sa capote.