La faim

Le ventre vide mais le corps souple et l'esprit vif,
Zaghloul passe son temps à rendre service aux autres
sans rien leur demander en échange. Il lui arrive de
croiser des étudiants dont les discussions le font réfléchir,
de provoquer un notable bigot par des questions
inconvenantes, de travailler aussi pour un riche obèse,
et de calmer sa faim pendant quelques semaines avant
que la mort de son bienfaiteur le renvoie à sa condition
première.
Sa femme, Sakina, n'a pas plus de chance auprès du
veuf impotent qui lui a procuré le travail dont elle rêvait
mais qui meurt aussitôt. Et il en est de même pour le
fils, Zahir, dont l'ami Mitron est licencié pour lui avoir
permis, moyennant le nettoyage du four, d'emporter
chez lui des galettes de pain à moitié brûlées.
En trois séquences courtes, libres de tout pathos et
teintées d'humour noir, Mohammed El-Bisatie restitue
la vie quotidienne, dans un village égyptien, d'une
famille extrêmement pauvre qui manque de tout : de
pain, de savoir, de considération, mais qui n'abdique
jamais sa dignité humaine.
Unanimement salué à sa parution, ce roman a été
nominé en 2009 pour le Prix international du roman
arabe.