Etudes kurdes, n° 10. Les Kurdes : écrire l'histoire d'un peuple aux temps pré-modernes

Qu'y a-t-il de commun entre la Bagdad du XI<sup>e</sup> siècle et l'Anatolie
de l'Est à la période ottomane ? C'est la présence d'un mot :
«Kurd». Pour désigner un groupe ? Un peuple en devenir ? Un
territoire ? Les études que nous proposons ici sont représentatives
du regain d'intérêt pour les études kurdes. Toutes portent sur les
Kurdes à des périodes et dans des régions diverses. Elles
s'appuient sur des sources de natures et de langues (arabe, persan,
turc ottoman...) variées. Elles présentent les deux contextes et les
deux types d'insertion sociale des Kurdes dans le Moyen-Orient
pré-moderne : Le premier, le contexte rural et tribal, celui qui est
le plus présent dans les esprits. Kurdes pastoraux transhumants,
paysans, montagnards et guerriers tribaux ont longtemps peuplé
l'imaginaire orientaliste. Mais des Kurdes étaient aussi présents
dans les grandes métropoles de l'Orient dès le X<sup>e</sup> siècle. Kurdes
artisans, commerçants, ulémas, soldats des armées régulières sont
les oubliés d'une certaine historiographie. Ces quelques articles
leur rendent justice.
Ce numéro propose une série de points de vue, un florilège des
possibles pour les études kurdes à la période pré-moderne.