Desiderata : propos

«Ce qu'il y a devant nous et ce que
nous laissons derrière, ceci est peu de
chose comparativement à ce qui est
en nous. Lorsque nous amenons dans
le Monde ce qui dormait en nous, des
miracles se produisent». Ainsi écrivait
l'écrivain, philosophe et poète
Henry David Thoreau. Mais n'est-ce
pas précisément ce que tente tout
artiste dans sa pratique quotidienne
d'exploration des «provinces de
l'imagination» ?
Étienne Yver est avant tout peintre.
Mais chez lui, l'acte de peindre
engendre autant le questionnement
que l'interrogation de l'oeuvre. Alors,
partant du constat de l'incomparable
richesse de l'art comme rare lieu de
fraternité et de réconciliation, car
matière, émotion et pensée peuvent et doivent y dialoguer,
ressent-il à nouveau le besoin de prolonger son travail de
peinture par l'écriture.
Par ce texte, se gardant bien d'organiser sa réflexion en un
système ou un dogme, Étienne Yver nous éclaire sur sa démarche
de citoyen et d'artiste. Il nous entraîne ainsi au plus
près de son travail ordinaire et jubilatoire face à lui-même et
à la matière et nous ouvre un chemin au coeur mouvant de
l'expérience poétique et familière d'un créateur.