Dans le piège de la guerre insurrectionnelle : l'Occident à l'épreuve du communisme hier, de l'islamisme aujourd'hui

Depuis que Georges Bush, président des États-Unis, a proclamé la «croisade
contre le terrorisme», la menace qu'il prétendait réduire a gagné en force,
conquis de nouveaux territoires, infiltré massivement l'Occident - dont la
France. Les moyens financiers, juridiques et militaires engagés dans l'aventure
l'ont été en pure perte. La première erreur des États-Unis fut de présenter leur
ennemi sous les traits de vulgaires terroristes mus par la haine de l'Occident ;
la seconde d'adopter une stratégie qui relève plus de la battue au sanglier que
de l'art de la guerre.
Pour bien combattre un ennemi, il faut commencer par bien le connaître.
Apparenté au communisme combattant du XX<sup>e</sup> siècle et au nazisme, l'islamisme
est une idéologie politique totalitaire et non un courant religieux. Quant à sa
stratégie, elle rappelle de près celles qui firent triompher Lénine en Russie, Mao
en Chine, Hô Chi Minh en Indochine et le FLN en Algérie.
Le retour sur l'histoire que propose cet essai permettra de percer le secret de sa
force, secret qui tient, pour l'essentiel, à l'exploitation qu'il sait faire des terrains
insurrectionnels - ou pré-insurrectionnels. Il fera également apparaître que,
pour le vaincre, plutôt que de l'affronter avec les règles et les moyens militaires
de la guerre de destruction, il faudra lui opposer les principes et les subtils outils
de la stratégie contre-insurrectionnelle. C'est à cette seule condition qu'il sera
possible d'agir sur les ressorts qui font sa vitalité et lui assurent un réservoir
inépuisable de combattants.