Quand les écrivains parlent de la langue française

Quand les écrivains parlent de la langue française
« La langue française, c'est une vraie femme.
Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, si touchante, si voluptueuse, si chaste, si noble, si familière, si folle, si sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. »
Paul Gsell, Les Matinées de la villa Saïd : propos d'Anatole France
Érik Orsenna, parrain de la collection dont ce titre est le dernier volume, se définit volontiers comme « un amoureux gourmand de la langue française ». Gageons que nombre d'écrivains pourraient en dire autant. À en croire d'autres, le français, plus qu'un objet d'amour, est une source de tourments sans fin. Songeons aux plaintes de Flaubert. Mais sous les récriminations, n'y a-t-il pas de l'amour ? C'est que l'on ne peut impunément passer ses jours à manier le français, matériau inlassablement remis sur le métier. C'est cette intimité particulière, ce rapport des auteurs à la langue française, la façon dont ils la perçoivent et dont ils la présentent aussi, que l'on évoque dans ces pages, à travers les mots de quelques-uns des écrivains qui, de la Renaissance à l'époque contemporaine, ont tour à tour contribué à forger, illustrer et exalter cette langue devenue notre patrimoine commun.