Fils de putain

«J'ai toujours été difficile rien que parce que j'ai mes pensées à moi ; je n'ai
jamais été comme ma mère aurait voulu. J'étais comme aucune mère n'aurait
voulu, aucune femme, aucune fille normale. J'étais toujours et seulement moi. »
Il s'appelle Ozren. Certains le traitent d'idiot, lui se verrait plutôt comme
«un acrobate du cerveau». Il habite en Autriche, rebaptisée «Lipizzanie»,
où lui parvient la confuse rumeur du monde : les récits de voyage d'un
oncle bourlingueur, l'écho des luttes fratricides dans son pays d'origine,
rebaptisé «Balkanie», la voix de sa «mère-pute» sur un répondeur rose.
À travers le regard singulier et les trouvailles poétiques d'un proche cousin
du Benji de Faulkner ou du Holden Caulfield de Salinger, une certaine
Autriche confite dans sa xénophobie se pare de couleurs inattendues.