L'art et les mystères grecs

Le philosophe Ravaisson, interprète d'Aristote et auteur d'un
célèbre traité sur l'habitude, fut aussi un amateur averti d'art
classique. En tant que Conservateur des Antiques au musée du
Louvre, il s'intéressa tout particulièrement à la Vénus de Milo qu'il
préserva de toute restauration abusive et dont il tenta de déchiffrer
l'énigme. A travers l'art du dessin chez Léonard de Vinci comme
dans la statuaire grecque, Ravaisson discerne un message
philosophique : en déchiffrant le langage muet du visible, le grand
art fait signe vers l'invisible. Jusqu'ici dispersés, ces écrits
esthétiques, dont la portée est également religieuse, n'ont pas
qu'un seul titre à présenter pour mériter notre attention : à l'intérêt
documentaire s'ajoutent la griffe d'un style, la marque d'une
pensée.
Regroupés avec leurs illustrations originales, ces textes sont
présentés par Dominique Janicaud. Alain Pasquier, qui occupe le
poste qui fut celui de Ravaisson au Louvre, donne, pour finir, le
point de vue actuel d'un spécialiste des antiquités grecques.