Baudruche : enquêtes gastronomico-policières. Vol. 4. Dans la gueule du fou : et 3 autres nouvelles policières

Les visages de Baudruche
- Qui êtes-vous ?
- Je m'appelle Baudruche. Monsieur Farini m'a invité à prendre le thé.
- C'était certainement avant qu'il meure...
A gauche, le corps en maillot de bain de Maurice Farini, tout juste extrait de l'eau meurtrière, gisait sur le marbre rose. Personne n'avait pensé à lui fermer les yeux. Sa peau bronzée virait déjà vers cette teinte orangée qui serre la gorge car elle rappelle le pourtour des plaies passées à la teinture d'iode.
Des policiers, mains dans les poches, échangeaient des propos par-dessus le cadavre en fumant des cigarettes. Baudruche vit nettement un tronçon de cendre descendre avec lenteur pour s'éparpiller sur le torse de la victime.
A droite, une baie vitrée s'ouvrait sur une grande pièce. Deux femmes, très belles malgré leur chagrin, faisaient l'effort de répondre aux questions routinières.
Un petit homme autoritaire fit reculer le groupe des fumeurs.
Par gestes précis, il inspecta le cadavre.
- Il s'est bel et bien noyé, il y a un peu plus d'une heure, disons vers 15 heures. Pas de traumatismes apparents. Quelques griffes récentes sur le dos.
- Quelle en est l'origine, docteur ? demanda un inspecteur.
- Je pencherais pour des ongles de femme...