Modernes féeries : le théâtre français du XXe siècle, entre réenchantement et désenchantement

À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, la féerie semble moribonde. Ce genre
théâtral apparu une centaine d'années plus tôt est menacé à la
fois par la concurrence du cinématographe et par ses propres
dérives commerciales. Pourtant, de Gautier à Mallarmé en passant
par Flaubert, Banville ou Zola, nombre d'écrivains voient
dans la forme féerique la promesse d'un renouveau dramaturgique.
Et littéraire. Promesse que des auteurs aussi différents que
Maeterlinck, Giraudoux, Supervielle, Cocteau, Audiberti et
Weingarten vont s'employer à tenir, en transformant un divertissement
populaire fondé sur le primat du spectaculaire en instrument
de création poétique, d'hybridation générique, d'innovation
scénique et de subversion artistique.
Affranchies des contraintes et des modes, les féeries modernes
échappent aux schémas convenus, bousculent les habitudes de
pensée et remettent en cause certains a priori - d'ordre chronologique,
hiérarchique, thématique - sur le théâtre français du
XX<sup>e</sup> siècle.