Origines de la guerre de 1870 : avec la presse de l'époque. Vol. 1. La candidature Hohenzollern : 1er juillet-11 juillet

Origines de la guerre de 1870 : avec la presse de l'époque. Vol. 1. La candidature Hohenzollern : 1er juillet-11 juillet

Origines de la guerre de 1870 : avec la presse de l'époque. Vol. 1. La candidature Hohenzollern : 1er juillet-11 juillet
Éditeur: MYG
2016433 pagesISBN 9782903319328
Format: BrochéLangue : Français

Origines de la guerre de 1870

Avec la presse de l'époque

I

La candidature hohenzollern (1<sup>er</sup> juillet - 11 juillet)

« En 1806, Napoléon I<sup>er</sup> se fait déclarer la guerre par la Prusse. En 1870, la Prusse se fait déclarer la guerre par Napoléon III. »

Albert Sorel, Histoire diplomatique, II, p. 452

Jamais, sans doute, dans son histoire, Paris - car la « France profonde » ne désirait pas la guerre - ne s'est aussi bien manifesté devant un événement : ardent, impulsif, patriote, téméraire, imprévoyant, déclaratoire et déclamatoire, flamboyant... Jamais, peut-être, un gouvernement ne s'est laissé aussi inconsidérément et si rapidement conduire vers une issue qui devait lui être fatale.

Le 1<sup>er</sup> juillet 1870, le chef du cabinet impérial Émile Ollivier déclare à la tribune du Corps législatif «  qu'à aucune époque le maintien de la paix en Europe n'a été plus assuré  ». Le 15 du même juillet, le même Émile Ollivier proclame à la même tribune du même Corps législatif que « tenter davantage pour la conciliation [avec la Prusse serait] un oubli de dignité et une imprudence. Nous n'avons rien négligé, ajoutera-t-il, pour éviter la guerre ; nous allons nous préparer à soutenir celle qu'on nous offre ... »

Qu'entendait exactement Émile Ollivier par «  celle qu'on nous offre  » ? Car c'était vrai que le comte de Bismarck avait fort gracieusement offert la chausse-trape dans laquelle le cabinet impérial venait de tomber, parce qu' il avait précisément besoin de cette guerre pour souder «  par le fer et par le sang  » tous les États de l'Allemagne afin de former un empire sous le sceptre de son roi, Guillaume I<sup>er</sup> de Prusse. Mais, cette guerre... il ne pouvait la déclarer lui-même !

Ce sont ces quinze jours au cours desquels la France va basculer de la « paix assurée » dans la « guerre offerte » que cet ouvrage se propose d'analyser, en suivant journellement la vie de Paris ; redisons encore de Paris , car la province « habituée depuis longtemps à recevoir des passions toutes faites, se préparait en silence à subir la guerre... » Encore en majorité

agricole, la France, en juillet 1870, est en effet en pleine moisson - d'ailleurs cette année plutôt maigre à cause de la sécheresse - et elle se préoccupe beaucoup moins « de traverser la frontière en chantant la Marseillaise  » et de poursuivre « jusqu'à Berlin » que d'assurer le pain de l'année prochaine...

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