Oléron, jours douloureux : interprète à la Kommandantur, 1940-1945

Oléron, jours douloureux : interprète à la Kommandantur, 1940-1945

Oléron, jours douloureux : interprète à la Kommandantur, 1940-1945
Éditeur: Croît vif
2013242 pagesISBN 9782361994280
Format: BrochéLangue : Français

À la fin de l'été 1940, Bianca Tosoni-Pittoni (1904-1993)

décide de s'installer à Saint-Denis-d'Oleron, grâce au travail

qu'elle y a facilement trouvé : employée à la mairie pour

assurer l'interprétariat avec la Kommandantur locale. De

nationalité italienne, ayant longuement vécu en Autriche

puis en France, elle parle les trois langues et est considérée

par les Allemands comme une ressortissante d'un pays allié.

Mais, si Bianca a quitté l'Italie, c'est par antifascisme...

D'où l'ambiguïté de son personnage : les Oleronnais la

prennent pour une collabo, et les Allemands - surtout après

la chute de Mussolini - pour une ennemie, à cause de son

caractère indocile. Ce qui l'emporte chez elle, c'est sa révolte

à fleur de peau, d'où les portraits pimentés qu'elle tire de

ses contacts avec les officiers allemands, d'où surtout le

titre qu'elle donne à son journal de guerre : Oleron, jours

douloureux.

Elle ressent en effet la double ambiguïté dont elle est

l'objet et sait qu'une grande partie du poids de l'occupation

du bourg dépend des bonnes relations entre mairie et

Kommandantur , donc d'elle-même. Jours douloureux, enfin,

parce que sa vie figure un pan de l'histoire européenne, celui

de ces réfugiés sociaux-démocrates chassés de leurs pays par

le fascisme et le bolchevisme. C'est la raison du séjour de

Bianca en Oleron et c'est grâce à ses liens avec l'île que

Jean Bodiou a retrouvé son journal et l'éclaire d'une riche

présentation.

Les mots d'Arthur Miller, le grand dramaturge américain,

très au fait de ce foyer de réfugiés, s'appliquent avec justesse

au journal de Bianca : « Un de ces récits que seule une femme peut

avoir écrit. Elle se tient à l'endroit même où les verges des grands

événements entrent en contact avec la chair humaine, la brûlent, la

blessent, la marquent. C'est toujours aux femmes qu'il revient

d'assurer ce qu'il reste de vie dans de tels cataclysmes. »

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