Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 110. Justin

Pour que personne n'aille croire que ce sont là des propos insensés et téméraires, nous demandons que l'on examine les accusations portées contre nous et, si l'on démontre qu'il en est bien ainsi, que l'on nous punisse, comme de juste ; mais si nul ne peut nous convaincre de quelque crime que ce soit, la droite raison interdit de faire tort à des innocents sur de méchantes rumeurs, ou plutôt de vous faire tort à vous-mêmes, si vous trouvez bon d'expédier les affaires au mépris de la justice, au gré de la passion.
Une procédure correcte, voire la seule juste, tout homme de bon sens la reconnaîtra au fait que les sujets présentent un compte rendu irréprochable de leur vie et de leur doctrine et que pareillement les souverains rendent leurs sentences en se laissant diriger non point par la violence et la tyrannie, mais par la piété et la philosophie ; car c'est ainsi que gouvernants et gouvernés pourront goûter le bonheur. »
Justin , Apologie 1,3, 1 -2, trad. et éd. Ch. Munier, SC 507, pp. 131-133.
« Mais jamais, pas même pour l'un des prétendus fils de Zeus, ils ne proposèrent une imitation de la mise en croix ; en fait, ils n'en avaient aucune idée, car tout ce qui avait été dit à ce sujet l'avait été sous forme symbolique. Or, c'est là précisément, comme l'avait prédit le prophète, le symbole le plus important de la force du Christ et de son autorité, comme on peut l'indiquer aussi d'après les objets qui tombent sous le regard ; considérez, en effet, toutes les choses qui existent dans le monde, et demandez-vous si elles sont organisées ou si elles peuvent avoir leur consistance, en l'absence de cette forme. »
Ibid.,1,55, 1-2, p. 275.