Johnny Cash : I walk the line

Gamin, Johnny est d'abord
porteur d'eau pour ses frères
et ses parents, puis dès l'âge
de dix ans, il porte les sacs
de coton. Cette culture
est exigeante, harassante.
Sous une chaleur accablante,
il faut tailler les plants,
sans cesse, à la main, lutter
tant bien que mal contre
les parasites... Et puis vient
la récolte : le dos cassé,
les mains en sang...
Une fois devenu chanteur,
Johnny Cash dira s'habiller
en noir pour marquer
sa sympathie avec ceux
qui peinent et qui souffrent.
Jamais personne ne lui
contestera cette légitimité.
Bercé par les cantiques, le gospel et
la religiosité exacerbée de sa mère
d'un côté, heurté par le dur labeur
et l'alcoolisme de son père de l'autre,
Johnny Cash marquera les esprits
dès 1955 avec deux titres aux accents
opposés : «Folsom Prison Blues»
et «I Walk The Line». Entre le récit
fictif d'un assassin emprisonné et la
chanson autobiographique d'un homme
qui se tient à carreau depuis que sa
première femme est entrée dans sa vie,
le fossé est grand, et ce sont pourtant
ces chansons qui illustreront au mieux
les deux visages du chanteur. Les
premières séances d'enregistrement
dans le studio Sun, les sessions avec
Bob Dylan, son célèbre concert à la
prison de San Quentin, ses addictions,
le retour du succès grâce au producteur
Rick Rubin, composent autant de
facettes essentielles de ce personnage
à l'aura mythique.