Brassens, Brel, Ferré : trois voix pour chanter l'amour

Brassens, Brel, Ferré
Trois voix pour chanter l'amour
Parce qu'ils s'étaient donné la peine d'enchâsser leurs textes dans de la musique, parce qu'ils avaient poussé l'affaire jusqu'à pousser eux-mêmes la chanson, nous, leurs contemporains, aurions pu davantage lire les mots qui sont toujours là, au creux de notre oreille, ou bien accrochés à son lobe, bijoux aussi peu probables que la rosée du matin, et qui retentissent comme autant de clochettes encore et toujours inouïes de nos cervelles enrubannées des modestes fureurs de l'ennui quotidien.
Le beau métier, qu'ils ont exercé avec une maîtrise dont nous ne pouvons finir de nous étonner, s'en est allé, depuis, en quenouille, comme quelques autres. Et pourtant - regardons-y de plus près - il y avait là le meilleur de nous, brochant sur le pire, et comme l'indication d'un chantier de chansons à venir : celles de l'âge d'or de l'amour.