Marine Le Pen, au nom du père

Marine Le Pen est un mystère. Un jour impeccable face aux
caméras, peaufinant son image de présidentiable, et le lendemain,
d'un mot prenant l'opinion à contre-pied, s'ouvrant à
toutes les critiques, même si personne n'est dupe devant ce
dérapage très contrôlé à vocation interne.
D'aucuns voient en Marine Le Pen le clone parfait de
son père. Pour d'autres, frontistes purs et durs, elle est au
contraire l'incarnation d'un lepénisme policé : un «marinisme»
rompant avec les traditions du parti. Déjà, à l'appellation
extrême droite, elle préfère «droite nationale, populaire
et sociale».
Toutefois, ce marinisme ne saurait être vu comme une
expression politique sortie du néant. Tant par filiation que
par réaction, elle ne peut être elle-même que la fille, digne
ou indigne, du lepénisme, avant d'être celle de Jean-Marie...
Alors que le Front national voit disparaître les vieilles lunes
de l'Anti-89, du vichysme et de l'Algérie française, Marine,
«fille de 68», drapée de républicanisme et de laïcité, pourrait
bien scier quelques vieilles branches sur l'autel de sa «révolution
patriotique».
En présentant ce qu'est le lepénisme, ce livre raconte l'irrésistible
ascension d'une femme dont certains disent qu'elle
est du même bois que son père. Au lecteur d'en juger.