Paroisse et territorialité dans le contexte français

La paroisse, institution multiséculaire définie par le droit canonique,
est une réalité en évolution. Si elle est généralement territoriale,
son rapport au territoire est soumis aux conditions de prise en
charge pastorale de la communauté de fidèles ainsi érigée. Au
milieu du XX<sup>e</sup> siècle, le maillage du réseau paroissial, hérité d'une
longue histoire, s'est révélé inadapté à la mission de l'Église. Les
aménagements pastoraux engagés dans les 93 diocèses de la France
métropolitaine se traduisent par une extension des territoires
paroissiaux, qui se poursuit sous l'effet de la diminution du nombre
de prêtres mais aussi de fidèles.
Considérer que l'extension du maillage ne peut être l'unique
réponse à la crise affectant le catholicisme dans une société moderne,
marquée par la mobilité, conduit à rechercher selon la conceptualité
canonique, une autre territorialité de la paroisse que celle du
quadrillage strict. Cette recherche a été entreprise selon une double
approche en prenant en considération successivement le ministère et
la communauté. Déterminer qui gouverne et sur quel territoire dans
six diocèses, choisis pour leur diversité, montre qu'au gouvernement
de la paroisse par le seul curé s'est substituée une nouvelle division du
travail entre le prêtre et les laïcs en responsabilité, selon le concept de
gouvernance. En prenant en compte l'apport des sciences humaines
et la description théologique du lieu ecclésial, cette recherche amène
à réaffirmer la nécessité d'une détermination territoriale pour le
maintien de la catholicité de la communauté. Mais elle conduit
aussi à considérer l'intérêt pour la paroisse de passer de la figure de
«l'enclos» à celle du «pôle de vie ecclésiale».