Typoésie

Typoésie

Typoésie
Éditeur: Actes Sud
2005461 pagesISBN 9782742757985
Format: BrochéLangue : Français

Que les lettres de l'alphabet soient indispensables

à la manifestation de la pensée est certain. Pourtant,

nombreux sont ceux qui l'oublient ou le nient.

Cet ouvrage regroupe des compositions tant littéraires

que plastiques dont le dénominateur commun est tel que

le fond et la forme y sont rigoureusement indissociables,

ce qui n'est pas le cas des calligrammes. Il fallait donc

trouver un terme adéquat pour les désigner. Avec ce

mot Typoésie qu'il a forgé et auquel il a donné

l'aspect graphique reproduit sur la page de titre, Peignot

met en évidence l'existence d'un genre poétique à part

entière.

Pour montrer que cette poésie se manifeste en ayant

recours aussi bien aux lettres et à la ponctuation qu'aux

chiffres et aux notes, cette anthologie est divisée en

cinq parties : Typographie, Poésie visuelle, Chiffres,

Peinture, Musique.

Regroupant des oeuvres typographiques de premier

plan, comme celles de Zwart, le Bifur de Cassandre ou

les somptueuses trouvailles de l'Américain Lubalin,

le chapitre intitulé «Typographie» démontre que les

premiers à générer la poésie sont les caractères eux-mêmes.

Peignot rend hommage ensuite à la poésie visuelle

apparue en Allemagne dans les années cinquante avec

Gomringer, Mon et Rühm. Des poètes brésiliens,

Pignatari et les frères de Campos, en ont fait peu après

de véritables chefs-d'oeuvre. Puis ce fut le tour des

poètes italiens, britanniques, espagnols et américains

d'enrichir la typoésie, devenue avec eux un nouveau

mode d'expression tantôt contestataire tantôt publicitaire.

Peignot avoue sa fascination pour les typoèmes

d'Ockerse, de Solt, de Williams et de Xisto qui, par

leur perfection plastique, témoignent que, d'abord composée

d'idéogrammes, après 3 500 ans d'existence alphabétique,

l'écriture y revient. Ainsi, des poètes tels

Dotremont, Roubaud ou Crombie se montrent à ce

point habiles à s'introduire entre le visible et le lisible,

qu'on ne sait plus de quel art relèvent leurs oeuvres :

de l'art graphique ou de la poésie.

Le troisième chapitre est consacré aux typoèmes de

nombres. De cet ensemble ressort qu'en effet les mots

comptent.

Ensuite, Peignot regroupe les typoèmes de peintres

qu'il a découverts à la faveur de ses recherches. Ce

faisant, il atteste qu'Adami, Dupuy, Fauconnet, Hains,

Kolar ou Melin sont capables de rivaliser d'adresse

avec Duchamp, El Lissitzky, Magritte ou Matisse.

Enfin dans «Musique», Typoésie réunit quelques-uns

des plus beaux typoèmes musicaux connus à ce jour.

J.-S. Bach, Gounod, Probst, Ravel, Schönberg, Webern,

chacun à sa manière, nous assurent que, même sur le

plan visuel, il est possible de faire revenir l'abstraction

musicale au bercail du concret, chaque compositeur

se mettant à la portée de ceux qui ne lisent pas les notes.

Chaque fois que le besoin s'en est fait sentir, Peignot

s'est référé aux explications que les auteurs ont fournies

sur leur oeuvre. Ainsi on trouvera des textes de Leiris,

Cassandre, Guy Levis Mano, Raymond Gid, El Lissitzky,

Pierre et Ilse Garnier, Excoffon, Dotremont... et

Alexandre Sorel pour ce qui concerne la musique.

D'un bout à l'autre de Typoésie , les oeuvres se

répondent, elles contribuent à l'élaboration moins d'une

anthologie, au demeurant infaisable tant la matière

est riche, que d'un livre d'auteur.

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