Le testament d'un ange

À Coutances, dans les dernières années du XX<sup>e</sup> siècle vivent un
jeune homme et son épouse, Bruno et Camille. Lui est un artiste,
enfin tout le monde le dit et il finit par le croire. Il dessine bien, peint
aussi, il sculpte un peu, et se lance même dans l'écriture. Seulement
voilà : il est moyen, souvent. Il est correct en presque tout. Il n'est pas
mauvais, mais... mais il n'est pas excellent ni en dessin, ni en peinture,
ni en sculpture, quant à l'écriture...
Bref, au grand dam de Camille qui doit subir des stages à répétitions
pour gagner leur vie, Bruno se désole et commence à baisser
les bras. Un jour pourtant, tout bascule. Lui, l'enfant adopté, il
apprend qui est son père biologique. Il l'apprend en même temps
qu'il découvre ce qu'il est :
«Ange Fréval est un fou ivre de sang.»
Et oui, ce père, cet Ange Fréval est un assassin que l'on vient de
prendre sur les bords de Sienne, un peintre assassin qui va passer
au tribunal, être reconnu irresponsable de ses actes, et interné en
hôpital psychiatrique pour finalement y mourir quelques années plus
tard. Seulement, avant de mourir, Ange Fréval, le monstre de l'estuaire,
a le temps, tout juste le temps de léguer à son fils unique un
livre testament, livre dans lequel il se raconte.
En fait, ce livre se révèle être un double testament.