Otrante, n° 19-20. Rosny aîné & les autres formes

«Comme j'ai rêvé, avec quelle abondance, avec quelle diversité, sans
que cela me cachât le réel !», avançait d'un côté Rosny aîné. «Je suis le
seul en France [...] qui ait donné, avec "Les Xipéhuz", un fantastique nouveau,
c'est-à-dire en dehors de l'humanité», affirmait-il de l'autre...
Pour célébrer le cent cinquantième anniversaire de la naissance de
J.-H. Rosny aîné, Otrante se devait d'interroger cette diversité et cette
abondance, ce lien entre le rêve et la réalité, en regard de cette bien étrange
étiquette de «fantastique nouveau».
Une telle entreprise va à l'encontre des réductions habituellement
rencontrées, la production de Rosny étant jusqu'alors uniquement abordée
à l'aune des récits préhistoriques ou de ceux placés à l'enseigne de la science-fiction.
Or, ces récits ne sont qu'une infime partie de l'oeuvre d'un écrivain
qui, selon ses dires, «s'intéressait à tout l'univers, à tous les temps, à tous
les rêves...». Aussi apparaissait-il urgent d'apporter une nouvelle
approche, un nouveau discours sur des récits que l'on enfermait peut-être à
tort derrière certaines étiquettes, ou que l'on négligeait tout simplement.
En plaçant de la sorte l'ensemble sous la bannière du fantastique,
les études ici réunies visent à faire dialoguer les textes oubliés avec les
romans préhistoriques et les récits habituellement perçus comme relevant
de la science-fiction, tout en laissant entendre de manière non restrictive
l'éventuelle visée naturaliste.
Ce volume d' Otrante consacré à Rosny aîné est ainsi une invitation à
partir à la découverte d'autres temps et d'autres formes...