Faire l'Europe sans défaire la France : 60 ans de politique d'unité européenne des gouvernements et des présidents de la République française (1943-2003)

Cet ouvrage propose la première synthèse historique sur les politiques françaises
de construction européenne. Celle-ci s'appuie tant sur des textes et déclarations
d'acteurs de la construction européenne - 100 textes sont reproduits -, que sur la
production scientifique des historiens de l'unité européenne.
Certains gouvernements et présidents des IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup> Républiques ont su marier, avec
bonheur, relance de l'unité et influence de la France en Europe. Si dans les années
d'après-guerre, la politique française de construction européenne a été fondée sur la
recherche de sécurité pour la France et la marque du rang, mais également un peu sur
l'idéal, au temps de Guy Mollet, le général de Gaulle a raté l'occasion d'unir l'Europe
occidentale. Deux présidents de la République, Valéry Giscard d'Estaing et François
Mitterrand, ont pourtant ouvert des routes nouvelles pour sortir l'Europe de l'enlisement,
après le premier élargissement, en s'appuyant sur la coopération franco-allemande.
Le premier a inventé le Conseil européen et le second, en collaboration avec
Jacques Delors, a mené à bien l'Acte unique puis le Traité de Maastricht.
Certes, la référence fédéraliste de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950 n'a plus
jamais été affichée, mais les dirigeants français ont accepté de nouveaux partages de
souveraineté, une fois délimités les domaines de la subsidiarité. Si pour tous, il ne peut
exister encore d'État européen centralisé ou fédéral, le développement de la co-souveraineté
entre pays de l'Union est souhaité, pourvu que la France y trouve l'occasion
de faire partager une philosophie politique fondée sur son histoire et de faire de l'Union
un acteur des relations internationales.
Faire l'Europe sans défaire la France : c'est concilier l'objectif d'unité européenne
et la possibilité de maintenir les ambitions et la cohésion de la nation.