L'engagement dans la résistance (France du Nord, Belgique)

La Résistance, longtemps lieu de débat entre des mémoires antagonistes,
offre à l'historien un champ d'investigation où exercer la confrontation
entre la mémoire et l'analyse scientifique. De plus, en adoptant une
démarche comparative, les auteurs entendent mettre en évidence les
caractères communs et les spécificités de la Résistance en France du
Nord et en Belgique.
L'engagement dans la Résistance soulève de nombreuses questions
parce qu'il renvoie à des motivations complexes et de références
intellectuelles, culturelles, sociales et politiques. Mais il relève aussi
de phénomènes d'ordre moral et psychologique. C'est un acte de
désobéissance civile et civique par lequel le Résistant refuse un état
de fait et promeut une conviction forte, celle de la nécessité et de la
légitimité du combat pour reconquérir la liberté perdue. Faisant fi
des risques individuels encourus, les Résistants s'engagent dans ce
combat qui devient vite collectif.
En s'appuyant sur la mémoire des acteurs et des témoins, les historiens
qui appartiennent aux universités régionales et à l'Université libre de
Bruxelles soulignent la très grande diversité des itinéraires, la précocité
d'une résistance dans la région interdite qui se souvient de 1914-1918,
la conjonction des facteurs qui lui donnent des formes patriotiques, mais
aussi intellectuels et humanitaires.