Luigi Nono et les chemins de l'écoute : entre espace qui sonne et espace du son : une analyse de No hay caminos, hay que caminar... Tarkovskij, per 7 cori (1987)

Luigi Nono (1924-1990), compositeur vénitien et l'une des figures les
plus marquantes de la musique du vingtième siècle, continue d'alimenter non
seulement la réflexion sur la pratique musicale, mais aussi sur le rapport entre
l'Art et l'Humanité. Ayant su contribuer au questionnement fondamental de
son époque au sujet du sens et de la perception, son approche du tragique de
l'écoute n'a de cesse de réinventer l'écriture, sans oublier de surprendre et
d'émerveiller notre sensibilité. C'est quelque part entre «espace qui sonne»
et «espace du son» que la poétique musicale nonéenne se déploie comme un
foisonnement infini de possibilités expériencielles, une multiplicité de
chemins de l'écoute. Ainsi, cette analyse de No hay caminos, Hay que
caminar... Tarkovskij s'appuie sur l'idée que l'oeuvre actualise non seulement
la pensée du compositeur au plan des méthodes de composition, mais qu'elle
en constitue également une application au plan de la perception.