Le basque en 365 leçons : la méthode claire

La légende rapporte que le Diable, au bout de dix années
passées au Pays Basque, n'avait réussi à apprendre que «Bai»,
oui , et «Ez», non.
Faute de pouvoir se faire comprendre, il n'avait séduit aucune
âme. Désespéré, il se jeta du haut du pont de Bidarray, nommé
depuis «Pont d'Enfer», et disparut dans les eaux tumultueuses
du Baztan.
Sans guide, notre pauvre diable n'avait aucune chance. Il
n'entendait, dans les propos tenus devant lui, aucun de ces mots,
cousins de ceux de sa langue maternelle (quelle qu'elle fût), à
partir desquels il eût pu décrypter, progressivement, cette langue
étrange.
On ne connaît, en effet, aucune langue apparentée au basque.
Déjà parlée aux temps préhistoriques -bien avant l'installation
des Gaulois dans notre pays- c'est l'une des plus anciennes
d'Europe.
Une langue fort différente de la vôtre donc -mais c'est là l'intérêt
de cette étude. Les ancêtres des Basques actuels ont créé, pour
exprimer leur pensée, des procédés très différents de ceux qui
vous sont familiers, et qui vous semblaient être universels. Le
basque, monument de l'humanité, mérite une visite -mais une
visite guidée.