L'invention du temps. Vol. 9. Moi qui dors toujours si bien : journal littéraire : 1986-1987

« Pourquoi aurais-je peur de la mort, moi qui dors si bien ? » Cette réplique d'une femme qui fut célèbre, l'auteur l'a faite sienne sans réserve. Sans pour autant fermer les yeux sur un monde qui se déchire et s'abîme. « Nous sommes en guerre depuis quarante ans » répète ce passionné d'histoire et de géopolitique. Il accuse la France, où les grèves défendent des féodalités, de devenir le refuge des assassins et des dictateurs. Voyageur impénitent, il constate le saccage de la planète mais aussi le déni de réalité des « écolos pacifistes » pour lesquels il n'y a jamais de péril à l'Est (et Tchernobyl explose...). Il voit inévitable la dislocation de l'URSS et le triomphe à venir de « l'astre noir du terrorisme ». Ce qui étonne encore dans le Journal littéraire d'un lucide, sceptique, sarcastique et très incorrect écrivain est une soif de vivre, une passion pour la jeunesse, une capacité d'émerveillement intactes qu'il nous offre, depuis toujours, de partager.