Le nouveau Brésil de Lula : dynamique des paradoxes

Le Nouveau Brésil du président Luiz Inácio «Lula» da Silva, élu en 2002 et rééligible en octobre 2006, est cet ancien «pays d'avenir» dont la diversité même - territoriale, raciale, religieuse - constitue l'identité. Il semble aujourd'hui entrer, enfin, de plain-pied dans le XXI<sup>e</sup> siècle comme puissance économique et acteur global sur la scène internationale. Il est désormais, avec la Chine, la première destination dans le monde pour les investisseurs, même s'il est aussi l'un des États les plus inégaux de la planète, avec plus de 50 millions de pauvres...
Porté par la dynamique de ses paradoxes, le Brésil - qui ne parvient pas à réformer son système politique et son pacte fédéral - est difficilement gouvernable. Lula a emprunté une voie nouvelle: acquérir, par une politique économique orthodoxe, la marge de manoeuvre permettant de s'attaquer à la pauvreté par des mesures sociales ciblées. Il a ainsi provoqué la satisfaction des marchés financiers, mais aussi le désenchantement des mouvements sociaux - du moins les plus radicaux. Ce choix original dans une Amérique latine en plein bouleversement politique, et le bilan comme la personnalité du leader historique du Parti des travailleurs, sont au coeur du débat électoral sur la prochaine décennie de la vie du Brésil et sur le devenir des gauches latino-américaines.