Monographie de l'ancienne cathédrale de Saint-Alain de Lavaur (Tarn)

Si l'histoire des monuments est la glorification de l'art,
elle témoigne aussi le plus souvent de la mobilité des institutions
humaines. Il n'en est guère, en effet, qui n'occupent
la place d'anciens édifices ruinés par le temps ou la
méchanceté des hommes. Telles furent les destinées de la
plupart de nos antiques cathédrales. Tel fut le sort de l'église
de Saint-Alain de Lavaur. Essayons d'éclairer ses premières
origines, si diversement appréciées et trop généralement
méconnues.
Suivant les plus anciennes légendes, saint Elan ou Alain,
apôtre et évêque, après avoir converti à la foi les peuples
vascons, aurait bâti une église et fondé un monastère à
Lavaur, sous le règne de Sigebert, roi d'Austrasie, et terminé
dans la plus extrême vieillesse sa longue carrière,
pleine d'honneur et de mérites devant Dieu et devant les
hommes (1). Ainsi, d'après ces traditions, l'église de Saint-Alain,
comme la plupart des édifices religieux des premiers
âges, eut un religieux pour fondateur, un monastère pour
berceau. Elle prit son origine vers cette époque héroïque du
VII<sup>e</sup> siècle, offrant à l'admiration de la postérité l'imposante
réunion de ces hommes extraordinaires qui resplendissent,
dans la suite des temps, comme des astres lumineux et
bienfaisants ;
M. Hippolyte Crozes