Le clocher de tourmente

C'est le roman de la neige dans tous ses états : de la neige légère et
cristalline qui hésite à se poser, aux lourds flocons qui «plombent»
le paysage ; des bourrasques qui perdent les bêtes et les gens, aux congères
qui animent des paysages fantomatiques ; du ravissement au cauchemar.
Lorsque le voyageur s'égare, aveuglé par la neige et le blizzard, le clocher
de tourmente reste sa dernière chance. Comme le phare du port aperçu par
le marin égaré dans la tempête, il devient espérance. Sur certaines cloches,
il est écrit : «j'appelle les vivants, je plains les morts».
Le clocher de tourmente est l'histoire d'un huis clos dans un petit hameau
du mont Lozère, bloqué par des chutes de neige exceptionnelles. C'est en
fait et surtout le roman de l'indicible. Les plus anciens ont tous des raisons
d'avoir oublié le terrible épisode de la guerre 1940-45. Ils se tairont, chacun
préférant garder pour lui ses certitudes, ses regrets, ses remords. Et pourtant,
par-delà les silences, la magie du huis clos va permettre au petit groupe de
répondre à l'énigme de la disparition, il y a quelques années, de Lozeran le
berger , celui dont la vie n'aura été qu'un long cheminement tragique.