L'épiscopat français et la liberté de l'enseignement sous la cinquième République

En 1960, les évêques français avaient accepté à l'essai la loi
Debré, voulue par la V<sup>e</sup> République naissante afin de régler une
«question scolaire» récurrente sous la précédente. En 1994, ils ont
enfin estimé qu'elle avait fait ses preuves, la gauche elle-même
ayant satisfait ou reconnu légitimes leurs revendications : un
meilleur financement, la prise en compte de leur autorité sur les
écoles et de l'orientation confessionnelle de l'enseignement.
Pour obtenir satisfaction, ils se sont appuyés sur la liberté de
l'enseignement consacrée par la Constitution et le droit
international, mais en interprétant ces textes à la lumière de leurs
propres principes. Ils ont également appliqué ceux-ci à l'évolution
de la législation. Ils ont enfin tenté de les concilier avec le combat
politique qu'ils ont mené pour leur cause.
Depuis peu certains membres de l'épiscopat déplorent à
nouveau les limites apportées par la loi à sa liberté d'enseignement.
Elle assure en effet également la liberté de conscience des élèves et
des enseignants ; les dispositions des uns et des autres étant souvent
aujourd'hui étrangères au «caractère propre» catholique, celui-ci,
dans la pratique de la classe, tend à s'effacer.