Voyage au pays du temps qui court

Le Temps, bouc émissaire de nos défaillances, comment pourrait-il nous manquer, lui qui, né avec le big bang, 4<sup>e</sup> dimension de l'espace (Einstein) accompagnera l'univers jusqu'à son ultime limite ! Dans ces fables, il revient en majesté comme l'antique Madone.
Le refuge au galop du temps que propose Geneviève, ce sont ces fables de nos campagnes Si la vie y était rude, le temps demeurait lent. L'enchantement musarde, des rives de l'océan aux montagnes d'Auvergne, ces coins de France que les touristes dédaignent parce qu'il ne s'y passe rien, croient-ils. La nature en est omniprésente, avec sa beauté, sa puissance que chaque récit magnifie. Surgis du fond de la mémoire les souvenirs cheminent, de Paris à la Provence, de la Lorraine au Périgord. Les animaux s'y pressent. Les enfants sont là : de Joël le mousse au petit prince des genêts, des turbulentes élèves de Sophie, l'institutrice, semblables aux fillettes du Québec, aux jeunes infirmières du Mali. Le sourire et l'émotion secrètent une errance bucolique.
La grande voyageuse que fut Geneviève, la cinéaste, distille quelques épisodes rencontrés au cours de fabuleux voyages. La Russie, le Canada, la Pologne, entre autres, terres de frimas, jusqu'à l'Afrique, sa chaleur, son immensité, terres de rêves, terriblement actuels. Les secrets de la terre murmurent au coeur du lecteur un subtil cante hondo, tel « le son du cor, le soir, au fond des bois »