Religion ou confession : un bilan franco-allemand sur l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles)

On ne parle pas toujours de la même chose lorsqu'on croit
traiter des mêmes sujets. Ainsi de «l'histoire religieuse» pour
les Français et les Allemands. Les vingt-six contributions rassemblées
dans ce volume mettent en regard deux passés contrastés
auxquels les approches historiennes du fait religieux demeurent,
dans leur diversité, strictement indexées, tout en portant de part
et d'autre du Rhin le regain d'intérêt pour la période dite de la
«première modernité». Il sera question ici de cadres institutionnels
distincts et parfois concurrents («histoire religieuse»,
histoire de l'Église, histoire et ethnographie régionales) ; de
méthodes disjointes, mais rapprochables (sociologie religieuse,
confessionnalisation) ; de terminologies intraduisibles qui disent
l'écart de deux mondes («paroisse» et Gemeinde, Geistlichkeit
et «clergé») ; d'événements générateurs de leurs temps et de
leurs questions propres (Réforme protestante et «sécularisation»,
Révolution française et «déchristianisation») ; de la différence
enfin des histoires que l'on écrit selon qu'on se trouve
en régime de laïcité ou de distinction confessionnelle. Au-delà
d'un dialogue franco-allemand étendu à des objets qui avaient
jusqu'alors été pensés séparément, on trouvera ici l'expérimentation
d'une historiographie comparée visant à permettre aux uns
et aux autres un retour sur soi et sur l'évidence présumée des
disciplines, des vocabulaires et des questionnaires.