La comtesse

« Elle s'appelle Sophie, Sophie Rostopchine. Elle est née à Saint-Pétersbourg le 1<sup>er</sup> août 1799. Voilà, son père est comte et il est l'ancien gouverneur de Moscou qui a mis volontairement le feu à sa ville le 14 septembre 1812 pour arrêter Napoléon dans la campagne de Russie. Ce jour-là, Sophie s'était réfugiée avec sa mère et sa soeur à cent cinquante kilomètres et elle a vu pendant dix jours le ciel enflammé au-dessus de la ville, " semblable à une aurore boréale ", dit-elle. Quel spectacle ! Elle ne l'oubliera jamais. »
Figure majeure de la littérature enfantine, la comtesse de Ségur a pourtant connu une vocation tardive. Elle a déjà plus de cinquante ans quand les histoires qu'elle racontait à ses enfants et petits-enfants dans sa propriété de l'Orne, Les Nouettes, sont compilées en recueil pour la première fois. Inaugurant la Bibliothèque rose avec ses Nouveaux Contes de fées , elle rencontre un succès immédiat. Elle se consacre désormais à l'écriture et donne naissance à de nombreux ouvrages passés depuis à la postérité : Les Malheurs de Sophie, Mémoires d'un âne, Un bon petit diable ...
Avec une écriture à mi-chemin entre littérature et oralité, Christophe Fiat nous présente une biographie aux accents romanesques qui restitue l'épopée hors du commun de la comtesse de Ségur.