Préfaces

Recueillir l'ensemble des préfaces de Jean Oury
présente au moins un double intérêt. Le premier est
celui de rassembler la diversité d'une pensée que
l'on connaît sous une forme plus orale qu'écrite
(entretiens, séminaires, conférences), de nous
rappeler son originalité à articuler la question de
l'aliénation dans des registres habituellement clivés
(psychique, social, institutionnel). Le deuxième est
de toucher à la question de l'écriture là où « la
dimension inventive de la psychose nous oblige à un
déchiffrement permanent », à la question de ses
effets, de ce qu'elle prête à conséquence : « il y a du
dire qui lentement s'est écrit sur des feuilles volantes »,
jusqu'à cet exercice délicat du préfacier qu'il
réalise avec le sérieux de la moindre des choses et
des clins d'oeil, discrets, adressés à Kierkegaard.