L'Epuration française : 1944-1949

roman
Cancre magnifique, débordant d'idées et d'images, Jean-Michel Dartès nous entraînait, nous, philo de province, dans le sillage de ses rêves, au milieu des ruines de notre ville. C'était dans les dernières années quarante. Un peu d'avant-guerre respirait encore dans notre après-guerre. Jean-Michel croyait aux vertus de la vie de bohème et aux pouvoirs du paysage. Un jour, il irait planter ses pénates du côté de la Butte Montmartre et travaillerait au Grand Œuvre dans un taudis romantique. La Beauté, disait-il, ne peut s'inventer qu'à la marge, aux confins de l'espace et du temps, dans des locaux anachroniques enveloppés de brumes et de broussailles.
Mais les décennies passent et ne se ressemblent pas. D'années cinquante en années soixante et soixante-dix, la société devient, chaque jour un peu davantage, industrielle, urbanistique et contestataire. Jean-Michel y perdra son identité.