Frédéric Mistral : illustre et méconnu

Il aurait pu devenir notaire, avocat, magistrat, député, ministre peut-être. Mais ne
supportant pas de voir sa langue maternelle reléguée au rang de patois, Frédéric
Mistral préfère se faire poète. Mieux encore ! Il fait voeu de restaurer son idiome par
la poésie, se faisant l'apôtre des pays d'Oc.
De tous les grands écrivains et poètes, il est le seul au monde qui, par la poésie chantant
sa province et composée dans sa langue régionale répudiée par les écoles de France,
ait été couronné du prix Nobel de Littérature.
Au fil des ans, si le nom du Mistral survit, le souvenir de son oeuvre s'estompe. Les écoles
ont depuis longtemps évincé ses écrits. Pour cause : ses poèmes et sa prose, dont toute
la sève coule de sa langue maternelle, sont exagérément rangés sur les étagères des
langues minoritaires, du folklore.
Aussi, chaque citation, chaque article, chaque ouvrage nouveau s'élève en barricade
contre l'oubli de sa mémoire, contre l'oubli d'une langue, contre l'oubli tout simplement.