Les métamorphoses du travail intellectuel : une mise sous tension des ingénieurs et des concepteurs

Les métamorphoses du travail intellectuel
Une mise sous tension des ingénieurs et des concepteurs
Innover, s'impliquer et s'adapter sont les maîtres-mots des discours entrepreneuriaux et politiques actuels. S'appuyant sur une crise structurelle du travail et de l'emploi, ils nourrissent de nouvelles injonctions contraignant les salariés à défendre leur place Sur le marché de l'emploi et dans leur entreprise.
Parmi eux, les catégories d'ingénieurs et de techniciens sont confrontées aux recompositions à l'oeuvre dans les grandes entreprises. Longtemps associés aux principes d'autonomie, de maîtrise technique et de créativité, ces salariés, situés du côté du « travail intellectuel », subissent pourtant différentes remises en cause. De l'instabilité professionnelle générée par l'organisation par projet au risque de la déqualification liée aux techniques numériques et à la sous-traitance, ces populations sont placées dans une incertitude permanente.
Dans l'industrie de haute technologie, les bureaux d'études sont ainsi au coeur d'une mise sous tension des concepteurs : évalués au fil de leur implication dans les projets, contraints à des objectifs de productivité à travers le lean management, ces salariés, mis en concurrence et souvent déniés dans leur dimension collective, doivent faire la démonstration renouvelée de leur capacité à tenir leur place dans l'organisation et à valoriser leur métier face à la montée des logiques gestionnaires et managériales.