La libération de la France, l'Indochine : souvenirs de guerre d'un 2e classe (1941-1947)

Fils d'un maçon italien antifasciste, Franco Urbini
naît en 1923 à Cannes. À 12 ans, il travaille comme mécanicien.
En été 1940, il refuse l'offre qui lui est faite par le
patron de son usine de partir gagner sa vie en Allemagne.
À 18 ans, en été 1941, il choisit de combattre avec l'armée
d'Afrique du Nord, et, grâce à la protection de De Lattre de
Tassigny, il réussit à passer en Algérie. Le voici bientôt
muletier puis mécanicien dans le régiment d'Infanterie
Coloniale Marocaine, sous les ordres du colonel Magnan,
gaulliste qui s'oppose au résident général demeuré fidèle à
Vichy. Puis c'est la Corse, le débarquement de Provence, la
campagne d'Alsace, l'occupation en Allemagne, et, enfin,
l'Indochine, pour une guerre particulièrement cruelle.
Dans ses Souvenirs , Franco Urbini, soldat non
conformiste, dit tout, avec naturel et sincérité : l'héroïsme
des combattants libérant la France aussi bien que le viol
des femmes tondues ; l'arrivisme et le cynisme de quelques
officiers ainsi que la fermeté et la droiture de De Gaulle
(approché à diverses reprises), et du capitaine Jean
Couturier ; les violences perpétrées par l'armée française et
celles du Viet-Minh. Surtout, la voix du narrateur dit la vie
quotidienne des hommes de troupe, leurs peines et leurs
moments de joie, leur tendresse aussi, par exemple à
l'égard de ce petit garçon de Cochinchine découvert, au
creux d'une jarre, dans un village incendié par nos balles
traçantes, et que Franco Urbini recueille puis élève durant
son dur périple.