Fortunes urbaines et stratégies sociales : généalogies patrimoniales au Caire, 1780-1830

À partir d'une documentation archivistique inédite : actes notariés contenus dans
les fonds des tribunaux ottomans et documents législatifs et administratifs produits
par l'appareil d'État égyptien entre 1805 et 1848, l'auteur étudie les modalités de
constitution, de consolidation et de dévolution des richesses, en prenant pour objet
la production et la reproduction matérielle d'un groupe social, celui des grands
négociants-financiers du Caire, de la fin du XVIII<sup>e</sup> au début du XIX<sup>e</sup> siècle. Ayant pour
objectif de retracer le parcours des membres d'un groupe et d'analyser les réseaux
relationnels qu'ils mobilisent, ce travail relève d'une approche prosopographique ;
néanmoins, il se distingue de cette approche en mettant à l'épreuve la définition
même de ce groupe. En effet, l'interrogation de l'auteur porte sur les catégories
sociales qui ont servi à présenter la société urbaine de l'Égypte à l'époque ottomane
- notamment la famille, les militaires et les négociants - en examinant le
contenu de ces catégories à différentes époques et dans différents contextes. En
étudiant les relations juridiques et matérielles entre les individus, les usages concrets
auxquels se prête la propriété en milieu urbain sont mis en évidence. Il s'agit alors
de faire poindre les modalités d'accès à la propriété qui caractérisent chacun de ces
groupes et, pour ce faire, de retracer le parcours d'un patrimoine en étudiant les
modes d'appropriation, de transmission et de fragmentation qui le régissent, ainsi
que les réseaux relationnels que mobilisent les différents moments de sa trajectoire.