Bunkerwart

David Vivarès empile ici des phénomènes d'hybridation où
l'espace mélange terrain de jeu, asile de fou et Babel-Babylone.
Le lecteur essaiera de retrouver son chien et d'interpréter
le principe d'hospitalité dans un labyrinthe - même si rappelle
l'auteur en préambule, le bunker impose un ordre. Au milieu
des victimes ou bourreaux, croiser des quantités de corps
et leurs récits devient très instructif et pas seulement
du point de vue anatomique : surgissent des questions
morales, sentimentales, politiques et même métaphysiques.
Le tout dans un montage où se mêlent différentes narrations,
soliloques et dérives. Chacune d'elles devient un angle
de pensée pour mesurer plus justement l'espace de réclusion,
d'enfermement - culture aidant. S'y découvre une collectivité
dont la communauté est inavouable. Elle ne laisse ni les corps
ni les âmes indemnes là où pourtant l'objectif est non seulement
de survie mais de sur-vie puisque le livre s'ouvre vers le dehors,
l'ordre de la nature et la liberté qu'il entend. La fiction
apocalyptique débouche sur des questions sérieuses
- plus sérieuses que nous - dont justement le «Qui, nous ?».
Elle rend compte de périmètres à l'intérieur du périmètre
comme ensuite à l'extérieur en construisant un monde qui
dans sa première partie n'existe - du moins on voudrait l'espérer
- nulle part ailleurs que dans ce théâtre de papier. Voire...