Bimbo

Poussé par on ne sait quel démon destructeur,
le héros de cette histoire, professeur de français dans
un collège, se rend dans une boîte de strip-tease dont
il sort au matin sous les yeux de ses élèves, au bras
d'une «bimbo». Chemin faisant, derrière le rire et le
sarcasme, nous découvrons un être qui étouffe dans
la médiocrité de sa condition, qui rêve d'un drame,
d'un coup d'éclat, et peut virer facilement dans la
mythomanie. Énumérer chez sa compagne Virginie,
partie sans lui à Marrakech pour quinze jours, les
«défauts de catégorie A» et ceux de «catégorie B»,
encourager avec une subtile perversité les pulsions
suicidaires d'un collègue, deviennent ses passe-temps
favoris.
Premier ouvrage d'un jeune auteur brillant et
ironique, Bimbo est une fable sur le désarroi d'une
génération, un roman métaphysique qui ne se prend
pas au sérieux, et plus encore, dans le sillage fébrile
de Thomas Bernhard ou Witold Gombrowicz, une
dénonciation jubilatoire de tous les conformismes
sociaux.