Bienvenue en France ! : six mois d'enquête clandestine dans la zone d'attente de Roissy

Injures racistes, passages à
tabac, intimidation et harcèlement
: la «zapi 3», zone d'attente
de Roissy, a longtemps été la
«honte de notre république». À la
première frontière de France,
chaque année, 20 000 étrangers
sont retenus jusqu'à l'éventuelle
obtention de leur autorisation d'entrer
sur le sol français.
Il aura fallu les décès de deux clandestins pour que
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, y autorise la
présence de la Croix-Rouge française, 7 jours sur 7 et
24 heures sur 24.
Que s'y passe-t-il aujourd'hui ? Comment s'assurer que la
situation s'est améliorée, alors que l'accès des journalistes est
strictement contrôlé ?
Pour pénétrer dans cette zone fermée, une seule solution :
y travailler. Pendant six mois, Anne de Loisy a disposé d'un
poste d'observation idéal. Elle a été médiatrice de la Croix-Rouge,
intermédiaire entre les étrangers et la police, sans
jamais révéler son véritable métier. La situation a souvent été
éprouvante mais, pour rapporter ces faits et ces témoignages,
il était nécessaire à Anne de Loisy de prendre des risques. Ces
étrangers en situation irrégulière le méritent : ils n'ont jamais
la parole.