L'identité à l'épreuve de l'exclusion socioprofessionnelle

Cet ouvrage nous montre que, plus qu'une mise à l'écart,
l'exclusion professionnelle est une faillite du processus identitaire :
incapables de liens interindividuels, déliés d'eux-mêmes, les exclus
professionnels ne sont... nulle part : leur inutilité «encombre» ;
cliniquement malades, ils révèlent un potentiel pathogène considérable.
Prédispositions pathologiques ? Effets propres du chômage
générateur d'un syndrome infernal, constitué de violences externes
(l'exclusion socioprofessionnelle) et internes (la dépression,
l'agressivité) ? Ou encore, moyen désespéré de communiquer aux
«inclus» du système social «l'inintelligible», «l'inacceptable»,
«l'inhumain» ?
La recherche révèle entre autres que la perte de travail représente
la perte d'un contenu (l'activité), d'un contenant (l'institution) et d'une
sociabilité (la relation) : le travail est structurant et générateur
identitaire. Elle montre aussi qu'il est possible «de s'en sortir»...
Rarement sans dégâts, mais toujours avec l'aide intelligente, suivie,
généreuse et «suffisamment bonne» de l'environnement social.
Ce regard ouvre des champs d'applications considérables :
conception du travail, management et communication en entreprise ;
nouvelle vision des dispositifs d'insertion qui intéressera tous leurs
acteurs, décideurs, professionnels et bénéficiaires. Chercheurs,
spécialistes des disciplines du travail et de l'entreprise, acteurs
institutionnels et sociaux (managers, syndicats et IRP) sont concernés.