Les vierges : et autres nouvelles

Femmes terrassées par la fortune qui a cessé de leur obéir. Hommes
brutalement dépouillés de leurs atouts. Mères abîmées dans le regret
du «temps aboli». Fils et filles hantés par la malédiction de l'hérédité.
Rarement l'ironie d'Irène Némirovsky aura fait autant de ravages que
dans ce volume plein d'«avertissements à distance».
Si fragile que soit le sort d'Anne, Marcelle ou Camille, un fil les relie
à la vie. Il court d'un bout à l'autre de ces douze nouvelles, inédites
ou introuvables, qui offrent un inattendu raccourci de son talent dans
des domaines tels que le scénario ou l'histoire de fantômes.
Interrogeant les caprices du destin à mesure que se joue le sien,
l'auteur de Suite française teinte son art d'amertume avant de le
retourner contre elle dans «Les vierges», dernier texte publié de son
vivant : «Je suis seule comme vous à présent, non pas d'une solitude
choisie, recherchée, mais de la pire solitude, humiliée, amère, celle de
l'abandon, de la trahison...»