Dictionnaire des ministres de la marine : 1689-1958

Si les grands marins de notre histoire avaient déjà droit à
leur dictionnaire, il n'en était encore rien de nos ministres de
la Marine. On cite volontiers Colbert, dès le XIX<sup>e</sup> siècle, comme
«père» de la marine ; les plus avertis n'oublient pas Richelieu,
«grand-maître, chef et surintendant général de la navigation et
du commerce». Mais ce n'est pas moins de cent quatre-vingt-neuf
personnages que ce dictionnaire propose enfin de découvrir, à
travers leur biographie, mais surtout à travers leur oeuvre à la tête
de l'administration centrale de la Marine : ministres, secrétaires
d'État, sous-secrétaires d'État, à la Marine et aux Colonies, à la
Marine, à la Marine militaire, à la Marine marchande, depuis la
création de l'institution par Colbert en 1689, jusqu'à sa disparition
définitive, avec Alain Poher, en 1958. À côté des grandes gloires
qui ont marqué notre histoire, maritime et politique jusqu'à
Georges Leygues, on redécouvrira des personnages aujourd'hui
oubliés mais de premier plan à leur époque (Chasseloup-Laubat),
et on s'étonnera aussi de rencontrer au ministère de la Marine
des personnages dont le nom n'était pas, jusqu'ici, associé à
cette institution (Guizot). Des hommes de guerre ou de plume,
d'énergiques personnalités ou des porte-maroquins falots et
soumis, des visionnaires, des réactionnaires : c'est toute la variété
des tempéraments politiques qu'on retrouve au ministère de la
Marine en deux cent cinquante ans d'histoire.