Glossaire des patois de la Beauce et du Gâtinais

Beauceronne depuis 1587, Simone Fauvet «n'a pas eu de mal à
gravir son arbre généalogique», selon sa propre expression, car «les
Beaucerons ne sont pas de grands voyageurs». Ses ancêtres furent
bergers, laboureurs, charretiers, vignerons, manoeuvriers, ouvriers
agricoles, artisans, bottiers, sabotiers, tailleurs d'habits, fermiers,
recenseurs de terre, menuisiers, ..., «nés en Beauce, inhumés en
Beauce, dans ce pays où le paysage se défait et se recompose à
chaque tour de roue - identique et jamais le même».
La collecte des mots et des expressions des patois beaucerons et
gâtinais, le langage de ses aïeux, mobilisa sa vie entière. Dans ce glossaire,
chaque mot bénéficie d'une citation qui restitue la grammaire et
la conjugaison qui font si souvent défaut dans les dictionnaires relevant
de la langue d'oïl. Pour la plupart de ces parlers, grammaire,
conjugaison et phonétique sont définitivement perdues, ce qui fait de
ce glossaire beauceron et gâtinais un monument de l'ancienne langue
française. Cette passion pour le parler des paysans, l'auteur le doit à
une institutrice, «vaillant soldat de l'École Laïque», qui «zébrait de
traits rouges» les mots de patois qui émaillaient les rédactions d'une
jeune beauceronne âgée de 12 ans. Le commentaire en marge qui fustigeait
l'«emploi d'expressions vulgaires» révolta cette jeune fille de
paysan qui entreprit sa «moisson de mots». Au moment de publier
cet immense travail, nous laisserons la conclusion à son auteur : «ce
fut un lent et patient travail des champs auquel participa grandement
un de mes camarades d'école, fils de la ferme voisine de la maison.
Pendant plus de soixante-dix ans, j'ai glané, récolté, engrangé, puis
battu mes épis, séparant le bon grain de l'ivraie, avec jubilation. Voici
ma récolte».